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Dakar, Dakar, Senegal
Président de l'Association Pour l'Education et la Culture Islamique au Sénégal (A.P.E.C.I.S)

vendredi 30 janvier 2009

El Hadj Habib Sy


El Hadj Habib Sy

Fils benjamin de Maodo et de Sokhna Safiétou Niang est né en 1906 Il fut formé à la Zawiya de Tivaouane en même temps que les talibés de son père ce qui lui a valu d'être parmi les meilleurs intellectuels de l'Afrique Noire car détenant toutes les connaissances enseignées à TivaouaneA l'image de son père ,El Hadj Habib Sy vivait à la sueur de son front, refusant ainsi de vivre des hadiyas des talibés ainsi il était un grand cultivateur et commerçant.Sur le plan politique, El Hadj Habib Sy, s'est placé dès le début sous l'obédience de son frère Mansour Sy et accorde toutes ses sympathies politiques au mouvement Socialiste Sénégalais de M. Lamine Gueye. Depuis le décès de ses deux frères aînés, il suit les directives du nouveau Khalife Abdoul Aziz dont il reste le fidèle supporter.II était modeste, discret et surtout très effacé ou plutôt il savait s'effacer devant ses frères aînés. C'était sa façon à lui d'assumer l'héritage de son père et de renforcer l'esprit d'équipe et de famille si nécessaire à l'unité de Tivaouane. Ses apparitions furent plutôt rares puisqu'il choisit de vivre souvent à l'extérieur et de consacrer l'essentiel de son temps à prêcher la bonne parole et à cultiver la terre. En cela, El hadji Habib Sy ne faisait qu'emboîter le pas à son père qui développa à Ndiardé une expérience fort originale : la transformation des talibés en cultivateurs productifs. Fin lettré comme tous les fils de Mado, El Hadj Habib ou Thiat, comme aimait à l'appeler affectueusement sa famille, a laissé à la postérité, des écrits de belle facture qui font l'émerveillement des fins lettrés mais aussi la fierté de la grande école de Tivaouane. Sa vie fut un modèle de droiture morale, de sobriété et d'humilité. Il faut être grand pour donner un tel exemple d'effacement, de dévouement et de dépassement.El Hadji Habib Sy attaché au culte de l'humilité et de la vérité - qu'il savait dire et au nom de laquelle il mettait un point d'honneur à combattre toute forme d'injustice , a honoré, à sa façon, l'illustre famille à laquelle il appartient et, bien entendu, la Tarikha tidiane dont il fut un serviteur fidèle, dévoué et distingué. Né en 1906 à Tivaouane, il a été formé dans la "daara" de son père, Mawdo Malick SY, qui l'initia très tôt à la mystique tidjane. Ayant assimilé toutes les leçons sans lesquelles aucune ascension vers la sainteté n'est possible, Sergine Habib SY devait entreprendre une salutaire action consistant, au-delà du Sénégal, à porter loin la parole de Dieu. Aussi, il figurait parmi les chefs religieux sénégalais ayant le plus de talibés dans les pays de la sous région.Serigne Habib SY était partout connu en Afrique de l'Ouest, surtout en Gambie où ses inconditionnels se comptent par milliers. Ceux-ci, comme leurs condisciples sénégalais, voyaient à travers leur guide religieux, un modèle de croyant. En effet, vis-à-vis de Dieu, il avait le souci d'appliquer scrupuleusement les recommandations et d'éviter totalement les interdits.A l'endroit du Prophète Mouhamed (PSL), Serigne Habib Sy n'a jamais entrepris d'innover dans la Sunna, s'évertuant à observer rigoureusement les enseignements du Meilleur de Tous (PSL).Fin lettré comme tous les fils de Maodo, El Hadji Habib a laissé à la postérité des écrits de belles factures qui font l'émerveillement des autres lettrés mais aussi la fierté de la Grande Ecole de Tivaouane.El Hadji Habib SY s'attachait au culte de l'humilité et de la vérité qu'il savait dire au nom de laquelle il mettait un point d'honneur à combattre toute forme d'injustice, à honorer à sa façon l'illustre famille à laquelle il appartenait et bien entendu, la " Tarîqa Tidjane " dont il fut un serviteur fidèle, dévoué et distingué. Sa vie fut un modèle de droiture morale, de sobriété et d'humilité. Il faut être grand pour donner un tel exemple d'effacement, de dévouement et de dépassement. Son rappel à Dieu, en 1992, à Paris, est jusqu'à présent une blessure difficile à cicatriser à Tivaouane. En témoignent les inconditionnels qui, fréquemment, viennent se recueillir près de sa tombe, visiter sa famille et se souvenir. Serigne Habib SY, puisque c'est de lui qu'il s'agit, était la probité faite homme.De son vivant, le fils cadet de Mawdo Malick a profondément marqué les fidèles qui aimaient le citer en exemple pour ce qui est de la constance et de la permanence dans l'adoration de dieu. Les méditations auxquelles il s'adonnait régulièrement limitaient ses interventions en public. Mais à chacune de ses sorties, Serigne Habib a montré qu'il s'avait bien relayé ses aînés dans la délivrance du message de la maison de Tivaouane dont la préoccupation est d'aimer, de célébrer et de suivre en tout le Prophète.

SEYDI AHMED SY

SERIGNE AHMED SY
Fils aine de El Hadj Malick Sy (RTA) et de Sokhna Rokhaya Ndiaye (RTA), Seydi Ahmed Sy (RTA) naquit en 1883 a Saint Louis du Senegal.Il grandit sous l'ombre de son pere qu'il avait tres tot commence a accompagner dans nombre de ses deplacements a travers le pays. Seydi Ahmed Sy fut surtout connu pour son erudition tres precoce, pour son ardeur au travail ainsi que par son sens tres pousse des responsabilites: " Il accomplissait toujours la plus grosse part du travail au champ et assimilait ses lecons le premier. Seydi Ahmed Sy etait a la fois l'intendant et le confident de son pere qui avait beaucoup d'estime et de consideration a son egard. Bien avant les evenements de 1914, et comme pour preparer sa succession, Seydi El Hadj Malick Sy avait un jour fait parvenir a Seydi Ahmed Sy un document contenant des secrets tres importants. Au jeune Babacar qui avait presente ledit document a son frere aine Seydi Ahmed celui ci repondit: " Notre venere pere vous a dit de me remettre ce document si important. Mais je vous le retourne car il vous revient. Mon destin est de partir et je ne serais pas l'heritier. Notre pere fait son devoir, mais Dieu le veut autrement".Lors de son dernier entretien avec Serigne Babacar Sy, Seydi Ahmed n'avait pas manqué de formuler de ferventes prieres en faveur de celui qui allait devenir le premier et digne Khalife de Maodo: " Au revoir! Oh toi fils de Malick. Que le maitre du trone te protégé a l'interieur (batinan) comme a l'exterieur (Zahiran). Qu'il te protégé de tous les mefaits des campagnes comme des villes. Que ton elevation vers le sommet ne soit jamais interrompue…" Lorsque les evenements de 1914 (La Premiere Guerre Mondiale) eclaterent, Seydi Ahmed etait deja marie et pere de deux filles. Mais il continuait toujours de vivre aupres de son pere qu'il secondait et assistait efficacement dans tous les domaines.Et cela devait durer jusqu'au jour ou Seydi El Hadj Malick Sy fut amene a prendre la decision que l'on sait: Son incorporation dans l'armee francaise lors de la premiere guerre mondiale Durant laquelle il disparut a la bataille de Salonique en Grece en 1916.

Hadj Malick SY: Mystique de la dignité par le travail


Mystique de la dignité par le travail:


Une fois terminées les formalités d'installation, une vie religieuse intense et sans précédent commença à se développer dans le village. Etant au centre de toute activité religieuse, El Hadj Malick SY, moteur du mouvement, assurait personnellement la direction de la quasi-totalité des offices religieux à caractère socio-religieux, tels les mariages, baptêmes, prières funèbres, etc. Au plan cultuel, l'appel à la prière qui, désormais se déroulait dans la mosquée, la première dont il venait de doter le village, incitait les gens à participer aux prières en commun. Ce qu'il y a de particulier à signaler c'est que ce fut lui-même qui faisait l'appel en tant que muezzin pour diriger ensuite la prière en sa qualité d'imam principal. De fait, l'une et l'autre de ces fonctions pouvaient être confiées, par ses soins, à quelques-uns uns parmi ses grands disciples. S'il préférait les assumer, c'était pour que personne ne trouvât de prétexte pour slabsenter lors des prières ou sous-estimer une quekonque fonction de cet ordre. Selon la tradition rapportée par El Hadj Abdouli Aziz SY une fois, son appel à la prière du matin (Salât al-Fajr) fut entendu à Kelle par l'un de ses cousins. Au plan culturel, il assurait exdusivement la dispense de l'enseignement dont la qualité et le niveau, à n'en point douter, très recherchés, exerçaient, dans toutes les régions du pays, une attraction irrésistible. Son savoir encyclopédique, on parle aussi de ses connaissances de différentes langues locales, n'était pas sans contribuer largement à l'accroissement qualitatif et quantitatif du nombre de ses étudiants. Le nombre d'heures qu'il consacrait à l'enseignement, ainsi que le rapportent ses biographes, constitue une donnée éloquente qui illustre assez bien l'atmosphère intellectuelle qui prévallait dans cet environnement. Les cours qu'il commençait le matin, vers 10 heures (waqt ad-duhâ), se poursuivaient jusqu'à 17 heures. L'on trouvait dans le programme qu'il enseignait des disciplines d'une infinie variété telles que:
- l'exégèse coranique (At-tafsir) ; - les sciences du Hadîth (`ulûm al-hâdith) ; - la biographie du Prophète (As-Sîra) ; - le droit islamique (Al-fiqh) ; - la philologie (`ilm al-lugha); - la grammaire (An-nahw) ; - la métrique (Al-`arûd) ; - la mystique (At-tasawwuf).
Les pensionnaires de Ndiarndé venaient de toutes les régions du Sénégal et de Mauritanie, les plus grands effectifs éitant originaires du Walo, du Cayor, du Ndiambour et du Djoloff. Au terme des trois promotions, il a pu former environ deux cents érudits. Voilià ce qui permet de mesurer le degré de résolution et de fermeté de El Hadj Maick SY lorsque, une fois installé à Ndiarndé, ce paisible terroir du Cayor, il décida d'y ouvrir un séminaire. Le péril qui côtoyait son action ainsi que les risques qu'il courait face aux autorités coloniales étaient évidents. Il est à noter toutefois que pendant qu'il assurait la formation de cette élite intellectuelle au foyer de Ndiarndé, El Hadj Malick SY qui n'échappait point à la surveillance stricte à laquelle étaient soumis tous ses pairs, continuait de faire de courts séjours dans quelques villes et villages. Les autorités coloniales ne lui appliquèrent pas, avec toute la rigueur, les mesures interdisant à tout marabout de se déplacer sans autorisation administrative au préalable.

Texte édité dans le cadre du Colloque international sur la vie et l'oeuvre de Elhadji Malick SY, Dakar-CICES, du 18 au 22 mai 2002